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Pathologies

La névralgie pudendale désigne une douleur du périnée, sur le territoire du nerf pudendal (autrefois appelé nerf honteux) : de l'anus au clitoris (ou la verge chez l'homme). Le but de cet article est d'expliquer ce que l'ostéopathie peut apporter dans le soulagement des douleurs et le traitement de la maladie.

Un diagnostic complexe

Parce que cette maladie est mal connue, parce qu'elle touche une zone intime, parce que beaucoup beaucoup d'autres maladies (gynécologies, intestinales, etc..) peuvent donner des symptômes proches, le diagnostic de la maladie est difficile, et souvent très tardif. On voit régulièrement des patients se plaindre depuis plusieurs longues années avant que le diagnostic soit posé.

Un handicap réel

Comme toutes les douleurs chroniques, la pudendalgie a un retentissement important sur le quotidien : les douleurs sont décrites comme lancinantes, exaspérantes, elles sont souvent intenses. Ces douleurs sont majorées en position assise, ce qui a souvent des conséquences sociales et professionnelles. Elles perturbent aussi la vie sexuelle et peuvent être accompagnées de sensations de corps étrangers dans le rectum et/ou le vagin.

 

Le vieil homme triste, Van Gogh

 

Des causes multiples et imbriquées

Il est rare de trouver une cause unique ayant déclenché la névralgie du pudendal. Le plus souvent on retrouve différents facteurs qui s'imbriquent : des antécédents de traumatismes (parfois des chutes, des accidents musculaires, accouchements difficiles...) ou d'opérations, des causes posturales augmentant les tensions ligamentaires et musculaires dans la zone, des infections ayant fait perdre de la mobilité aux tissus. On décrit aussi les abus sexuels comme des terrains prédisposants, et certains tableaux psychologiques (anxiété, dépression) sont souvent retrouvés (mais comme toute douleur chronique, la pudendalgie peut être la cause plus que la conséquence de ces troubles). Cette pathologie serait aussi particulièrement fréquente chez les cyclistes.

Le traitement ostéopathique

Puisque les causes sont multiples et variables, le traitement sera lui aussi variable, et peut donc être très différent d'un cas à l'autre. Le propre de l'ostéopathie est une vision globale du corps, et le traitement ne se limitera donc pas à des techniques sur le nerf pudendal.

Traitement global :

En travaillant sur la posture, sur les tensions dans l'abdomen, sur la mobilité des articulations au dessus et en dessous du bassin, l'ostéopathe réduit les contraintes qui vont venir s'exercer sur le pelvis. Pour prendre un exemple simple, si l'ostéopathe trouve et règle des blocages dans le membre inférieur (qui peuvent être passés inaperçus), certains muscles (par exemple le piriforme) auront moins besoin de travailler pour déplacer cette jambe. Ceci va donc se traduire par moins de tensions dans le petit bassin, tout près du nerf pudendal.

Ce même genre de raisonnement fait qu'une consultation d'ostéopathie "classique", et pas forcément centrée sur le nerf pudendal pourra avoir un effet sur la névralgie.

Traitement du bassin :

Le bassin est presque toujours une zone impliquée dans un traitement ostéopathique, et c'est encore plus vrai lors du traitement de névralgies pudendales.

La mobilité des os (iliaques et sacrum) vient mettre en tension certains ligaments particulièrement impliqués dans cette pathologie, comme les ligaments sacro-tubéral et sacro-épineux. Si des blocages dans cette zone sont présents ces ligaments seront sur-sollicités. De même, des muscles peuvent être perturbés, voire contracturés en réaction à des problèmes articulaires sur le bassin.

L'ostéopathe travaille aussi sur les tissus du bassins, qu'il y ait des cicatrices (parfois adhérentes) ou pas. Il vient relâcher des tissus (fascias, muscles) qui sont parfois en conflit avec le nerf pudendal.

Traitement du nerf :

La névralgie pudendale est un syndrome canalaire (au même titre que le canal carpien, que certaines douleurs sciatiques, etc), le but est donc de redonner au nerf sa mobilité partout où elle est diminuée. L'ostéopathe va donc s'intéresser à tous les obstacles que le nerf peut rencontrer, en particulier le muscle piriforme, l'obturateur interne, les ligaments sacro-tubéreux et sacro-épineux, ou encore des adhérences dans le canal d'Alcock où le nerf pudendal chemine.

Autres pathologies :

La névralgie pudendale est parfois associée à d'autres troubles aux symptômes parfois proche. Les nerfs ilio-inguinal et génito-fémoral vont innerver une zone qui se superpose en partie au nerf pudendal. Le fréquent syndrome de la charnière dorso-lombaire (dit "syndrome de Maigne") peut lui aussi créer des douleurs projetées dans l'aine. Ces troubles peuvent aggraver les symptômes d'une névralgie pudendale, voire générer de faux diagnostics.

Quand tout le bassin devient douloureux et qu'il l'est depuis longtemps, on peut se retrouver confronté à la sensibilisation pelvienne : des zones sensibles dans le bassin viennent aggraver d'autres douleurs de la zone, comme des épines irritatives. Par exemple, une névralgie pudendale par compression dans le canal d'Alcock peut être aggravée par des contractures musculaires douloureuses dans le muscle carré fémoral, qui n'a pourtant pas de lien mécanique direct avec la compression. L'ostéopathe peut espérer ici un effet antalgique sans pour autant avoir touché au site de la compression nerveuse.

 Conclusion

Le traitement ostéopathique ne doit pas être réduit au travail sur le nerf, ni même sur le bassin, bien que cette zone sera forcément concernée. Ce traitement n'est pas stéréotypé non plus : il est impossible de dire quelles seront les techniques utilisées, car elles dépendront de chaque patient. Le plus souvent, il existe des alternatives aux techniques internes (touchers vagnial ou rectal). De même, le traitement peut nécessiter une seule séance comme il peut en nécessiter un peu plus (deux, voire trois). Cette prise en charge est complémentaire aux autres traitements (médicaux, kinésithérapiques, voire chirurgicaux), et c'est cette synergie qui permet d'atteindre les meilleurs résultats.

 

images/bébé

Qu'est-ce que la plagiocéphalie ?

La plagiocéphalie désigne un méplat sur le crâne du nourrisson. L'arrière de sa tête est aplatie, et la déformation se répercute (plus ou moins selon les cas) sur le reste du crâne : l'oreille avance et son front se bombe en avant, du même côté.

Nous ne parlerons ici que de la plagiocéphalie positionnelle, par opposition à la synostose des sutures crâniennes (dans ce cas, le crâne s'ossifie trop vite, et le traitement ne peut être que chirurgical).

Quelles en sont les causes ?

Le crâne d'un bébé étant très souple, les contraintes prolongées et/ou répétées sont susceptibles de le déformer et de modifier la croissance des différents os qui constituent la boîte crânienne.

Cette déformation est donc toujours liée à une asymétrie dans les contraintes reçues par le crâne :

  • Pendant la vie intra-utérine
  • Lors de l'accouchement
  • Quand le crâne est en appui

 - Les contraintes intra-utérines :

L'ostéopathie s'intéresse seulement depuis peu aux dysfonctions qui peuvent être apparues avant la naissance, pendant la vie intra-utérine. Pour ce qui est de la plagiocéphalie, cette piste est pourtant importante : la majorité des bébés sont tournés de la même façon dans le ventre de leur mère (position appelée OIGA), et on retrouve une majorité de plagiocéphalies avec un méplat du côté correspondant : à droite.

Autre preuve des contraintes qui s'exercent dans le ventre de la mère, des jumeaux ont plus de quatre fois plus de risques de développer une plagiocéphalie positionnelle : 56% contre seulement 13% lors des grossesses uniques (ces fréquences sont très variables selon les études).

Certains auteurs trouvent aussi une relation avec une faible quantité de liquide amniotique, ce qui augmenterait les contraintes sur le crâne.

 - Pendant l'accouchement :

Des pressions énormes sont appliquées sur le crâne du bébé lors de l'accouchement. On retrouve donc logiquement davantage de plagiocéphalies si l'accouchement a été long, si des instruments ont été utilisés, ou lors d'un premier accouchement.

 - Pendant les premiers mois de la vie :

Les différents points évoqués jusqu'ici peuvent être à l'origine d'une Plagiocéphalie Positionnelle, mais beaucoup de choses vont se jouer après l'accouchement.

On a pu remarquer que des bébés passant beaucoup de temps sur le dos, ayant un côté de préférence pour dormir, ou bougeant peu pouvaient aggraver une plagiocéphalie. Le fait de recevoir le biberon toujours du même côté et d'être moins de trois fois par jour sur le ventre (lors de l'éveil) sont aussi des facteurs de risques reconnus. La présence d'un torticolis peut être une cause, mais aussi un conséquence d'une plagiocéphalie.

Prenons un exemple : si les contraintes subies dans le ventre de la maman en fin de grossesse (auxquelles peuvent s'ajouter les pressions pendant l'accouchement) ont induit une position préférentielle de la tête du bébé en rotation droite, il y aura davantage d'appui sur la partie droite de son occiput dès qu'il sera sur le dos. Dès lors, la base du crâne risque de se déformer, ce qui va augmenter la tendance du crâne à se placer automatiquement en rotation droite, et donc accentuer le phénomène.

C'est une des deux raisons pour lesquelles les plagiocéphalies doivent être traitées immédiatement : un cercle vicieux peut vite se mettre en place.

L'autre raison est liée à l'ossification du crâne de bébé : à la naissance, les différents os du crâne ne sont pas soudés, c'est ce qui permet leur énorme déformabilité pendant l'accouchement. Cette ossification se fait progressivement, et les sutures entre les différents os vont perdre en mobilité, le traitement est donc de plus en plus difficile avec le temps. Il existe aussi une pathologie, la synostose, ou ces os vont fusionner de façon précoce. Dans ce cas, les traitements manuels ne pourront rien, et la chirurgie est la seule option thérapeutique.

Evolution

Tout d'abord, la plagiocéphalie ne provoque pas de retard du développement mental. Il est important de l'affirmer, car des parents se renseignant pour leur enfant finissent souvent par entendre ce genre de discours. L'erreur vient du fait que les études scientifiques montrent une corrélation entre plagiocéphalie et troubles d'apprentissages, troubles moteurs etc... Mais ceci doit être analysé un peu plus finement : un enfant ayant un handicap moteur aura beaucoup plus de chances de développer une plagiocéphalie, car il sera moins mobile, mais ce n'est pas la plagiocéphalie qui est à l'origine du handicap. S'il y a bien une corrélation, le rapport de cause à effet se fait dans l'autre sens !

La conséquence principale est donc esthétique. Certains auteurs voient aussi dans la plagiocéphalie une source de problèmes de mâchoire.

On connaît mal la proportion d'enfants touchés de plagiocéphalie, et les statistiques sont assez variables d'une étude à l'autre. Tout le monde s'accorde quand même à dire que beaucoup de plagiocéphalies disparaissent d'elle-mêmes : une étude retrouve une plagiocéphalie chez près de 20% des bébés de 4 mois, pour seulement 3% environ à 2 ans.

Le rôle de l'ostéopathe

Le rôle de l'ostéopathe est de lutter contre la position préférentielle, afin de permettre au bébé de prendre d'autres positions et de ne plus toujours appuyer sur la même partie de son crâne. Certains bébés ne supportent pas d'être sur le ventre, et arrivent très vite à repasser sur le dos pour éviter cette position. D'autres souffrent d'un vrai torticolis et n'ont simplement pas l'amplitude pour tourner la tête de l'autre côté. Parfois, l'ostéopathe doit aussi travailler sur des tensions dans les membranes du crâne, voire sur la malléabilité de l'os.

Dans tous les cas, l'objectif est de permettre au bébé de répartir les contraintes harmonieusement, et la croissance viendra corriger la déformation : la poussée du cerveau va re-modeler la boîte crânienne.

Un traitement kinésithérapique pourra compléter la libération obtenue en ostéopathie, et quelques conseils simples pourront aider les parents à participer au traitement :

  • Privilégier les positions sur le ventre lors des périodes d'éveil surveillées.
  • Eviter les positions prolongées en "cosy"
  • Préférer le porte-bébé à la poussette
  • Stimuler le bébé du côté opposé à son méplat (pour le pousser à tourner la tête du côté opposé)